Six graphistes - En suspens

En suspens est le résultat d'une résidence de cinq jours au sein de l’Atelier/TRANS305.
Ce projet regroupe six jeunes femmes s'interrogeant sur les frontières entre art, graphisme et communication.
 

Début septembre 2011, l'Atelier accueillait en résidence un groupe de graphistes. Inspirées par le lieu lui-même, les réflexions des six jeunes femmes - Sophie Blum, Anne Desrivières, Maud Dubief, Éléonore Hérissé, Marion Kueny et Virginie Laurent - se sont rapidement tournées vers la question du geste artistique, de son sens et de sa portée, dans un contexte aussi particulier, que celui de l’Atelier.

 
Au terme de cette semaine d’expérimentation créative, elles nous livrent une production plurielle - photographies, installations, écriture à plusieurs mains - à l’image de leurs éxplorations artistiques, jouant sur les paradoxes que suscitent la posture de l’Atelier, cet observatoire privilégié intrinsèquement intégré au chantier et pourtant, toujours un peu en dehors.  
 

 



Inhérentes à l'identité du lieu, les notions de mutation, de trace et de mémoire, sont directement vécues par les acteurs du chantier au sens large : ceux qui le construisent, ceux qui le subissent, ceux qui en attendent quelque chose …

Le premier intérêt commun pour aborder la résidence a été d'inscrire le lieu comme un espace de communication entre les habitants du quartier et les ouvriers. Réalisant que dans le temps imparti, il était difficile d'impliquer autrui, la réflexion s'est recentrée sur le lieu en lui-même et l'expérience vécue par le groupe : un îlot propice à l'observation, au milieu mais distant du chantier.

Persistant dans la volonté de communiquer avec le monde environnant, différentes postures ont été prises : imaginer des échanges humains, extrapoler la position d'observatoire… l'épreuve du lieu exacerbant chez chacune des projections de fictions et de rêveries.

 

 

> MSG, un projet de Virginie Laurent.

 





Le belvédère est ainsi devenu une plateforme d'échanges imaginaires de SMS avec un ouvrier du chantier. Performance tirant vers l'absurde, l'artiste s'invente une relation intime en punaisant ses messages à la vue de tous : "Tu manges où ? A quelle heure tu finis ?"
 
 
 
> Pourquoi quelque chose plutôt que rien ?, un texte d'Anne Désrivières, Maud Dubief, Eléonore Herissé et Marion Kueny.

 

 



Le lieu a aussi été transformé en tour de contrôle d'où chaque action ouvrière observée, chaque détail anodin, a été minutieusement noté, laissant peu à peu la narration et la projection personnelle de chaque scripte prendre le dessus. Ce récit-témoin est restitué à ses propres personnages par l'affichage d'extraits agrandis sur les palissades menant au chantier.
 
 
 
> Mirador, un projet de Sophie Blum.



S'appuyant sur les matériaux constituant cette tour, l'inscription "Mirador" souligne la contradiction entre l'environnement extérieur et l'expérience vécue de l'intérieur. Au milieu d'une globalité bruyante, mouvante et apparemment chaotique, l'espace suspendu, calme et protégé, permet d'y entrevoir une poésie.
 
Ivry-sur-Seine, septembre 2011
 
Sophie Blum, graphiste plasticienne 
Anne Desrivières, graphiste plasticienne
Maud Dubief, graphiste
Éléonore Hérissé, graphiste plasticienne
Marion Kueny, graphiste
Virginie Laurent, artiste photographe
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> Retrouvez le travail des six graphistes en version intégrale, sur support papier, disponible à l’Atelier
> Téléchargez le récit de leur résidence "Pourquoi quelque chose plutôt que rien", ici
> La résidence en images 


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Réalisation du site internet : Tawan Arun, graphiste